Le début d’une série en prévision d’une prochaine exposition…

Paysages habités ?

Depuis toujours, mon travail de peinture est habité par la figure humaine. Presque effacée ou au contraire affirmée, et aussi petite soit-elle dans les paysages indéterminés qu’elle traverse, sa présence est centrale : Elle est un point d’ancrage, un témoin, une manière de parler de nous face à ce monde dans lequel nous vivons. J’ai choisi ici de poursuivre ce dialogue, mais aussi de le (et de me) mettre à l’épreuve en peignant quelques paysages sans personnage et de le faire non pas sur des formats identiques comme à l’accoutumée mais sur des formats variés.

Peindre sans figure est peut-être une façon de déplacer la question : Que reste-t-il quand l’humain disparaît de l’image ? Reste-t-il quelque chose de son passage ?

Le paysage devient alors espace mental. Il laisse imaginer une ouverture, une attente, un retour, ou tout simplement il laisse au regardeur la place de s’y inscrire lui-même.

Bien que je me sois interrogée à ce sujet, ces quelques paysages sans personnage ne sont pas une rupture, ils sont un prolongement, ils répondent aux images dans lesquelles la silhouette demeure, comme deux façons de dire la même chose : notre présence au monde mais aussi notre inéluctable effacement.