Peut-être que ça n’a aucune importance, tout ça, cette histoire, qu’on ne sait pas ce que c’est qu’une histoire tant qu’on n’a pas soulevé celles qui sont dessous et qui sont les seules à compter, comme les fantômes, nos fantômes qui s’accumulent et forment les pierres d’une drôle de maison dans laquelle on s’enferme tout seul, chacun sa maison, et quelles fenêtres, combien de fenêtres? Et moi à ce moment-là, j’ai pensé qu’il faudrait bouger le moins possible tout le temps de sa vie pour ne pas se fabriquer du passé, comme on fait tous les jours; Et ce passé qui fabrique des pierres et les pierres des murs.

Laurent Mauvignier . « Des hommes »